SAMÂDHI, ou le sentier vers l'Eveil...

Forum spirituel, dédié à l'Eveil de la Conscience et à la Quête du SOI - (Advaïta Vedãnta)
 
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 Y a t-il quelque chose à faire ?

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Devotee

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MessageSujet: Y a t-il quelque chose à faire ?    3/3/2015, 1:53 pm

Y a t-il quelque chose à faire ?  

Je propose ce sujet car il est dans mon expérience l'un des plus difficile à traiter sur le chemin.

Faut-il faire quelque chose pour atteindre l'éveil ?

Faut-il méditer, faire l'ascèse ? Ou peut-on ne rien faire et se laisser porter par les évènements et les envies ?

Pour me faire comprendre, je crois utile de définir quelques termes de mon langage, chaque chercheur retrouvera la correspondance dans le sien :
- éveil : compréhension de l'absence de séparation entre soi et l'univers.

- réalisation : état d'équanimité, où aucun évènement physique, sensoriel, émotionnel ou mental ne nous font penser, agir, même un instant, autrement qu'en tant que la conscience universelle. C'est l'ataraxie des philosophes grecs, le bonheur existentiel, ou encore la félicité (ananda) de l'hindouisme.


Et de préciser deux niveaux de discours qui introduisent souvent la confusion dans la lecture des enseignements :
- niveau de discours relatif : le point de vue adopté est celui de l'individu se croyant distinct et séparé. C'est un point de vue dualiste, qui permet d'utiliser le langage et les métaphores de la vie de tous les jours.

- niveau de discours absolu : le point de vue adopté est l'absence de séparation entre l'individu et l'univers (Atman = Brahman, pour les hindouistes). Dans ce référentiel, l'identification à un individu est une illusion, le temps et la distance n'existent pas, ni la causalité. C'est le point de vue réel, mais il est moins facile à utiliser dans le discours car notre mental est incapable de saisir ce point de vue. On peut l'être, mais pas l'expliquer en quelque sorte.



Ces définitions me permettent à présent, à mon sens, de proposer une réponse à la question "y a t-il quelque chose à faire".

En effet :
(1) Tant que l'on se prend pour un individu séparé, on raisonne en terme d'actions et de résultats, et il est souhaitable d'agir comme tel. On doit donc "faire" et les pratiques sont utiles.
Pour celui qui ressent l'appel vers la spiritualité, il faut alors faire ce qui est en son pouvoir pour améliorer ses chances de succès : retraite, méditation, ascèse raisonnable, exercices corporels, chant, danse, hygiène de vie, tout ce qui est possible dans le référentiel culturel et cultuel de la personne.
Dans l'advaita, la dévotion est l'effort que l'on consent pour accéder à la compréhension de la vérité. Il ne faut pas se forcer, mais suivre l'enthousiasme lorsqu'il nous invite à la recherche spirituelle.

(2) Si l'on ne se ressent pas séparé, la question de "faire quelque chose pour..." ne se pose plus. En effet, dans ce cas, il ne manque rien, et rien ne justifie que l'on mène une action.
A ce niveau non séparé (non duel), le libre arbitre n'existe pas, toute action est d'origine cosmique, nos décisions ne sont pas personnelles. La relation de cause à effet (karma) est une illusion, ainsi que le temps. En fait on est heureux, on "est" l'univers (dans cette phrase, il n'y a pas de cause à effet : le bonheur est le synonyme de univers)


Sur le plan absolu, c'est à dire dans la réalité, le cas (1) est bien une illusion. C'est pourquoi des enseignants disent parfois qu'il n'y a "rien à faire", et que cette affirmation peut faire des dégâts. Car ça ne vaut que pour ceux qui vivent ce niveau absolu. Pour les autres, s'ils ressentent le besoin de faire quelque chose, ils ne doivent pas s'en empêcher, au risque de se perdre et de se décourager dans leur recherche du bonheur.
Du point de vue de l'absolu, être heureux ou pas n'est pas différent, juste une variante dans l'expression de la création et dans la perception de Soi-même plus ou moins voilé.
Ce n'est pas une raison pour vivre une vie de misère  Very Happy
La pire des situations serait un individu séparé qui se dirait "je ne vais rien faire, puisqu'il n'y a rien à faire". C'est ajouter une illusion (ne rien faire pour atteindre un objectif) sur une autre (un individu se croyant séparé).
Cela illustre bien le risque d'un enseignement mal compris, ou d'une réponse d'un enseignant, prise pour soi alors que la réponse était destiné à quelqu'un d'autre.


En conclusion, la quête spirituelle est inhérente à la croyance qu'on est un individu séparé. En réalité (dans l'absolu), il n'y a rien à faire. Si l'individu se pense séparé, il doit cependant assumer cette croyance et mener toutes les actions qui lui paraissent pertinentes et sincères pour accéder à son objectif : la fin de la séparation.

L'éveil est l'émergence de cette compréhension de ce que l'on est réellement, non séparé. Cet évènement peut être bruyant ou passer inaperçu. Il se passe ensuite un temps plus ou moins long pour stabiliser cette compréhension dans tous les secteurs de notre expérience.
Cette stabilité est la réalisation, où rien ne manque, et où la question de faire quelque chose pour arriver quelque part n'a plus d'importance (sauf pour des questions pratiques, comme réserver un billet d'avion, bien sûr Smile )


Est-ce que cette proposition de réponse à la question "y a t-il quelque chose à faire" aide ?
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Shivoham
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MessageSujet: Re: Y a t-il quelque chose à faire ?    10/3/2015, 9:07 pm

Chercher à atteindre l'Eveil, c'est s'en éloigner.
Qu'y a-t-il à atteindre ? L'Eveil de qui ?
On ne peut s'éloigner de ce qui est déjà présent...

Vouloir la Réalisation, c'est croire de ne pas être Réalisé.
Qu'y a-t-il à réaliser ? De quelle Réalisation parle-t-on ?
On ne peut réaliser ce qui n'a jamais cessé de l'être..

Voir le monde séparé de soi, c'est se penser exister.
De quelle séparation s'agit-il ? Qui existe en réalité ?
On ne peut séparer ce qui n'a jamais existé...

Alors se demander si faire est nécessaire, n'a aucun sens.
Qui se demande cela ? Pour quelle utilité ?
Rien de ce qui est ne peut être autrement.

_________________
"Contente toi de demeurer en Paix où que tu sois !"

Shivoham
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Devotee

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MessageSujet: Re: Y a t-il quelque chose à faire ?    11/3/2015, 6:18 pm

Merci Shivoham, ce poême vient en illustration du point (2).

Je suppose qu'il s'agit d'une poésie traduite ? Car il y a des incertitudes dans les formulations.

Ainsi :

Shivoham a écrit:
L'Eveil de qui ?
Il n'y a qu'une seule possibilité : je suis ce qui existe et perçoit, et c'est bien moi qui comprend ce que je suis au travers du prisme de l'illusion que je me suis imposée.

Car pourrait-on prétendre qu'il n'y a personne qui lit et comprend en cet instant ce qui est écrit sur cet écran ?


Shivoham a écrit:
Vouloir la Réalisation, c'est croire de ne pas être Réalisé.
C'est exact, c'est la question de la quête et de sa fin.

La formulation est poétique, mais ne répond pas à cette question que rencontre le chercheur, voire peut être néfaste si on la prend seulement intellectuellement. En effet, si vouloir la réalisation, c'est se maintenir dans la croyance que l'on est pas réalisé, à l'inverse, il est encore pire de croire que l'on est réalisé en éludant le sentiment que quelque chose manque.

C'est une question essentielle : quel est le but de la quête spirituelle ? Comprendre ce que l'on est, ou être constamment heureux ? Et si ces deux propositions sont synonymes au regard de l'advaïta, il n'y en a qu'une que l'on peut vérifier par l'expérience : la seconde.

Peu importe que l'on croit avoir compris ou non. L'expérience du bonheur permanent est le sceau de la réalisation (je ne parle pas ici de la satisfaction des désirs, même répétée). Tant que cette expérience n'est pas vécue de manière continuelle, la recherche spirituelle mérite d'être reprise et approfondie (les Indiens parlent de l'élimination des samskaras, les "résidus" qui empêchent la parfaite réalisation).

Shivoham a écrit:
Voir le monde séparé de soi, c'est se penser exister.
De quelle séparation s'agit-il ? Qui existe en réalité ?
On ne peut séparer ce qui n'a jamais existé...

Cette formulation est obscure, particulier la dernière phrase.
Qu'est-ce qui n'a jamais existé ?  L'Unique ? Son rêve ?
La séparation est une croyance bien réelle, comme tout ce qui est manifesté.

Le personnage est un rêve, certes, mais il existe au moins autant que ce qui le perçoit. Nier l'existence du rêve, alors que celle-ci lui est donnée par le rêveur, en revient à nier le rêveur lui-même (on est dans le nihilisme), ou attribuer l'existence du rêve à une autre source que le rêveur (on est alors dans la dualité).
Il doit y avoir une erreur de traduction.

Shivoham a écrit:

Rien de ce qui est ne peut être autrement.
Comme le disait Robert Adams, "All is well, and everything is unfolding as it should" (approximativement : Tout est bien, et tout se déploit comme cela doit se faire)

La recherche et la fin de la recherche, l'éveil et la réalisation, l'expérience authentique et l'illusion sont autant de facettes du jeu divin. Et constater que ce qui existe ne peut être autrement n'est pas un fatalisme qui ferait dire que le futur ne peut être autrement. Il reste de la place pour l'action et l'intelligence, car c'est la marque de la création de pouvoir être continuellement changée par ... Elle-même.
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Shivoham
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MessageSujet: Re: Y a t-il quelque chose à faire ?    13/3/2015, 11:33 am

Dès lors que l'on se pense exister, il y a dualité.
Or, la Réalité est unique et sans autre qu'elle même.
Qui pense ? Qui existe ?

L'individu suppose qu'il y ait deux réalités.
Pourtant, rien d'autre n'existe en dehors de l'Un.
Est donc illusoire toute notion d'individualité.

L'on ne peux diviser ce qui tient de l'omniscience.
Ainsi, ce qui existe ne peut souffrir de séparation.
La Réalité est donc indivisible en son essence.

Toutefois, si rien n'est étranger à Ce qui Est,
Rien ne peut non plus lui être retranché.
Il est alors vain de parler d'existence.


PS : Non, il ne s'agit pas de poésie traduite, pas plus qu'une apologie à la négation de l'Etre...

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Shivoham
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Shivoham
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MessageSujet: Re: Y a t-il quelque chose à faire ?    23/3/2015, 1:32 pm

Bonjour Devotee,

Je me rend-compte que mes propos peuvent prêter à confusion, par leur forme abrupte.
Comme souvent c'est le cas, lorsqu'on aborde la question de la "pratique", par les "mots".
Ainsi, sont ils pris (à tord) pour du nihilisme, ou tout simplement pour ce qu'ils ne sont pas.
Je vais donc tenter un meilleur développement, afin qu'il y ait meilleure compréhension.

La quête du Soi, est une vue de l'esprit.
Dans le sens, qu'aucune quête n'est besoin,
A ce qui est déjà présent et n'a jamais cessé de l'être.
Il serait plus adapté de parler "d'en-quête" du Soi.

En-quête, parce qu'il s'agit avant tout d'une "recherche" intérieure.
Une "recherche" qui n'en est pas vraiment une d'ailleurs.
Puisque le Soi n'est pas ailleurs qu'ici même, dans l'Instant.
Cet Instant, Ici et Maintenant, dont seule une Présence peut témoigner.

Cette Présence, est déjà en nous.
Mais nous en sommes aveugle.
Si bien que nous prenons le Soi,
Comme une "chose" extérieure.

Rien n'est extérieur ni étranger à la Réalité Ultime.
Penser partir à la recherche du Soi,
C'est donc courir après une chimère,
Et s'éloigner de cette Connaissance déjà présente.

Seulement, voila, nous en sommes plus ou moins ignorant.
D'où l'incompréhension de beaucoup au regard de Ce qui Est.
Les enseignements qui en relate l'essence, ne sont pas toujours compris.
Il en résulte bien souvent des dérives, comme nous pouvons le constater.

Pour cela, il s'agit de bien appréhender l'approche qui s'y rattache.
Je ne saurai que trop conseiller la pédagogie de Sri Ramana Maharshi,
Et mettre de côté, ceux qui sous le vocable de "réalisés", lui sont ultérieurs.
Ceci, dans le seul soucis de ne pas s'éparpiller tout en ayant une base saine et solide.

Cela étant dit, observons quelle est cette "pédagogie" du Maharshi, justement.
Je m'excuse d'avance pour l'étendue de mes propos, exceptionnellement développés.
Mais il me semblait nécessaire de dissiper d'éventuels doutes et questionnements légitimes.
Faisant ainsi l'effort d'expliciter d'avantage ce qui ne devrait normalement pas l'être.

Ramana Maharshi adaptait ses réponses aux visiteurs qui venaient spontanément le voir.
Non pas qu'il était en contradiction constante, mais s'alignait à la compréhension d'autrui.
Ainsi, pouvait-il tout autant parler de techniques et de pratiques à entreprendre,
Que de l'inutilité de ces dernières au regard de ce qu'il appelait l'Atma Vichara.

Ne nous y trompons pas : il n'a jamais été question d'autre chose que de Voie directe.
Son enseignement pouvait laisser entendre à de possibles disciplines à mettre en pratique,
Toutefois, la seule "pratique" qu'il préconisait, si l'on peut en parler selon ces termes,
Était de se tenir en Présence de Soi-même et demeurer au Repos afin de cesser l'agitation du mental.

Nul besoin, pour cela, d'user d'activités spirituelles ou pratiques liées à un quelconque effort.
Le seul "effort" nécessaire, au regard de la Voie directe, est de tourner le Regard vers l'intérieur.
Ce que beaucoup ne font pas, pensant à tord qu'il s'agit de ne "rien faire" littéralement parlant.
Or s'il préconise de ne rien faire, c'est seulement parce que le Soi est déjà atteint et déjà présent.

Cette subtilité a mis en déroute nombre d'étudiant sur la voie de la connaissance malheureusement.
Les induisant en erreur et leur faisant croire à une spiritualité "bon marché" que nous appellerons "new-âge".
Les auteurs "modernes" se réclamant de l'Advaïta ne manquent pas à ce jour...
Mais ne font qu'ajouter à la confusion déjà répandue, un discrédit des réels enseignements advaïtiques.

En Voie directe, que tu préfères appeler "Instantanée", il n'est question que de la Réalité Ultime.
Or celle-ci ne s'encombre d'aucun concept quel qu'il soit, qu'elle qu'en soit sa nature.
Le Soi n'a jamais cessé d'être présent en toute chose, d'ailleurs comment pourrait-il l'être ?
Puisque rien n'est autre que Lui et qu'il se suffit à lui-même.

Nulle distinction n'est à formuler, ni même aucune limite, puisqu'Il est tout ce qui Est.
C'est l'ignorance qui emmène à la séparation, à la division, à la distinction.
Rien ne Lui est extérieur et rien ne peut lui manquer.
Il est Cela !

Enfin, s'il est au-delà de tout concept, il n'est pas même à situer dans l'Etre ou le Non-Etre.
Le Vide qui (par défaut) le signifie, contient l'essence même de toute Réalité.
Il est cette Réalité, sans pour autant que l'on puisse l'en définir.
Cet Absolu, ce Brahman, dont il s'agit de boire à la Source !

J'espère que ces propos seront plus compréhensibles à ton entendement.
N'ayant plus le besoin de m'étendre d'avantage, mes messages prennent souvent une forme poétique, oui.
C'est ainsi la raison pour laquelle, je ne m'adresse plus qu'en termes épurés de tout concept.
Au regard de l'enseignement relatif à la Voie directe, le Soi étant le cœur de toute mon attention.

Reçois mes plus sincères considérations.
Dans la Joie de Celui qui n'est autre que toi-même !

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Shivoham
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Devotee

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MessageSujet: Re: Y a t-il quelque chose à faire ?    23/3/2015, 2:02 pm

Merci, Shivoham, pour ce développement.

J'avais effectivement besoin de plus de mots.

Ton propos est très clair, je pense le comprendre.

Effectivement, le mot "réalité" est le terme qui se rapproche le mieux de ce que je pressens être. La réalité est invisible, éternelle, ubiquitaire, incontestable (ou évidente). Tout ce qui est, surgit dans cette réalité. Le terme réalité est donc synonyme de "conscience", donc de "Soi".

Shivoham a écrit:
Toutefois, la seule "pratique" qu'il préconisait, si l'on peut en parler selon ces termes,
Était de se tenir en Présence de Soi-même et demeurer au Repos afin de cesser l'agitation du mental. (...) Le seul "effort" nécessaire, au regard de la Voie directe, est de tourner le Regard vers l'intérieur.
Ce que beaucoup ne font pas, pensant à tort qu'il s'agit de ne "rien faire" littéralement parlant.

Je salue ta citation de la pédagogie de Ramana Maharshi. Et ce retour à l'essentiel.

Je me rends compte également que ma distinction entre "instantanée" et "directe" venait d'une considération sur la durée du cheminement, ce qui est un concept venant de l'identification au chercheur. Le terme de "voie directe" me paraît justifié lorsqu'il signifie "où l'on parle explicitement du Soi", et je l'adopterais désormais.

Sur le "faire" ou "ne rien faire", ce que tu dis suffit à éclairer ce dilemne, et clos pour moi le sujet - je n'y reviendrais que si la confusion s'installe à nouveau drunken


Merci pour ces éclaircissements !
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Shivoham
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MessageSujet: Re: Y a t-il quelque chose à faire ?    24/3/2015, 8:00 am

Voici un propos de Sri Ramana Maharshi, qui illustre à point ce dont on vient de parler :

"Celui qui conseille à un chercheur fervent de faire ceci ou cela n'est pas un vrai maître. Le chercheur est déjà affligé par ses activités et il désire la paix et le repos. En d'autres termes, il souhaite la cessation de ses activités. Si un enseignant lui dit de faire quelque chose en plus de ses autres activités, ou à leur place, ceci peut-il lui être une aide ? L'activité est création. L'activité est destruction de notre bonheur intrinsèque. Si l'activité est indiquée, celui qui la prescrit n'est pas un Maître, mais un tueur. De telles circonstances nous mènent à dire que soit le créateur [Brahma], soit la mort [Yama] se sont présentés sous l'apparence d'un Maître. Une telle personne ne peut pas libérer l'aspirant, elle ne peut que renforcer ce qui l'entrave."

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Shivoham
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MessageSujet: Re: Y a t-il quelque chose à faire ?    25/3/2015, 1:57 pm

Il y a des moments où on ne peut pas comprendre cette évidence. En lisant cet extrait, je me rappelle l'avoir lu mais j'ai tellement lu de choses, et elles prennent un sens différent quand je les relis à plusieurs mois ou années de distance.

En tout cas, comme tu le précisais précédemment, l'enseignant s'adapte à l'élève et peut lui "donner quelque chose à faire" afin de ne pas le décourager et de l'occuper en quelque sorte, en attendant qu'il mûrisse dans sa compréhension.
Donner une activité n'est donc pas obligatoirement synonyme de "mauvais maître", mais certainement de "élève pas encore prêt à entendre".

De plus, avec le temps qui passe, le maître devient un ami sur le chemin. Il donne un conseil si on lui en demande un, comme un ami, et en tant qu'ami (et non en tant qu'enseignant). Là encore, un maître qui donne un conseil à un élève n'est pas forcément un "mauvais maître" mais peut le faire légitimement en "bon ami".

C'est en tout cas l'expérience que j'ai tiré de mon propre maître, Francis Lucille - et j'ai mis des années avant de conclure qu'il était mon maître, car il ne s'est jamais présenté comme tel.

Cela étant, j'ai l'impression de m'être installé dans une posture. Avant de suivre un maître, j'étais malheureux, je souffrais, et je lisais des livres sans pouvoir poser les questions qui me préoccupaient. Un jour le maître est apparu, et j'ai suivi son enseignement en le questionnant jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de questions. Après quelques temps, ma souffrance s'est allégée, la paix de vivre s'est installée. Mon rapport au monde n'étant plus aussi critique qu'autrefois, je me suis "installé" dans le personnage du chercheur.

Mon intention de trouver me semble toujours légitime, puisque je conserve le sentiment qu'il me manque quelque chose. Mais ce faisant je suis resté dans le mental, qui est décidément très trompeur.

Ma lecture des lignes précédentes sur ce forum m'a fait réalisé cette tromperie que je m'étais imposée à moi-même. Il fallait simplifier, tes propos m'y ont aidé.
Pour autant, est-ce que le sentiment de manque est une tromperie ? Où bien est-ce un indicateur précieux (comme le fut la souffrance à une autre époque) qu'il y a encore quelque chose à dissiper ?


Que reste t-il ?
Lorsque je tourne mon regard vers l'intérieur (c'est une métaphore, bien sûr), je retrouve immédiatement la décontraction du corps, l'allongement du souffle sans le chercher, l'absence de limites du moi dans l'espace, la disparition de l'écoulement du temps, la dissipation des pensées et des préoccupations. C'est la paix aimante. Le monde est moi, et vice-versa.
Cela dure quelques secondes, non que ce soit un effort d'être soi-même et au repos, mais assez rapidement je ne résiste pas à la tentation d'attraper une pensée, de remarquer un objet. Il y a un trouble d'identité à cet endroit, le vaste et calme "Je" devient le petit et tourmenté "je". Je n'ai pas vu se produire le transfert d'identité.

C'est pour moi le signe qu'il y a encore un doute à dissiper. C'est pourquoi je pense que l'expérience du Nirvikalpa samadhi serait la fin du doute, aussi léger soit ce doute. Que la grâce veuille bien m'accorder cette certitude.



Ce que je comprends de la préconisation de Ramana Maharshi, c'est qu'il faut revenir sans relâche dans ce centre paisible, de résister à la tentation de la ré-identification au corps, à l'esprit, aux sensations périphériques.

Est-ce la bonne interprétation ?
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MessageSujet: Re: Y a t-il quelque chose à faire ?    

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