SAMÂDHI, ou le sentier vers l'Eveil...

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 La Non-Dualité ou Vacuité

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Greenman
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MessageSujet: La Non-Dualité ou Vacuité   19/10/2011, 12:57 am




Nagarjuna, éternellement tranquille et lumineux -

Les vingt versets du Mahayana


Hommage à Manjusrikumarabhuta !


1. Je m'incline devant le Bouddha tout puissant
Dont l'esprit est dénué d'attachement
Et qui dans sa compassion et sagesse
A enseigné l'inexprimable.

2. En vérité, il n'y a pas de naissance -
Et donc pas de cessation ni de libération ;
Le Bouddha est comme le ciel
Et tous les êtres sont de même nature.

3. Ni le Samsara ni le Nirvana n'existent,
Mais tout est un enchevêtrement complexe
A l'aspect intrinsèque de la vacuité,
L'objet de la conscience ultime.

4. La nature de toutes les choses
Apparaît comme un reflet,
Pur et naturellement calme,
Avec une nature non-duelle identique.

5. L'esprit commun imagine
Un soi là où il n'y a rien,
Et conçoit des états émotionnels -
Felicité, souffrance et équanimité.

6. Les six états du samsara,
La félicité celeste,
Les souffrances infernales,
Sont toutes de fausses créations, des inventions de l'esprit.

7. De même, les idées de l'action mauvaise qui causent la souffrance -
Vieillesse, maladie et mort,
Et l'idée que la vertu mène à la félicité,
Sont de pures idées, des notions irréelles.

8. Comme un artiste épouvanté
Par le démon qu'il peint,
Celui qui souffre dans le samsara
Est épouvanté par sa propre imagination.

9. Comme un homme tombé dans les sables mouvants
Se démène et lutte
Ainsi les êtres [pensants] se noient
Dans le chaos de leurs propres pensées.

10. Prendre la fantaisie pour la réalité
Cause l'expérience de la souffrance ;
L'esprit est empoisonné par l'interprétation
De la conscience de la forme.

11. Dissolvant l'illusion et la fantaisie
D'un esprit compassionné et pénétrant,
Demeure dans la conscience imparfaite
Pour aider tous les êtres.

12. Ayant ainsi acquis la vertu conventionnelle
Libérée du filet de la pensée interprétative
On obtient une compréhension insurpassable
Comme celle du Bouddha, ami du monde.

13. Connaissant la relativité de toute chose,
La vérité définitive est toujours visible;
Laissant tomber l'idée de commencement, de milieu et de fin
Le flux [cosmique] est vu comme Vacuité.

14. Ainsi, tout le samsara et le nirvana est vu tel quel :
Vide et insubstanciel,
Nu et immuable
Eternellement tranquille et lumineux.

15. Comme les images d'un rêve
S'évanouissent au réveil,
De même la confusion du Samsara
S'évanouit dans l'Eveil.

16. Concevoir des choses dépourvues de substance
Comme éternelles, substantielles et satisfaisantes,
En les enrobant du brouillard du désir
Fait surgir le cycle des existences.

17. La nature des êtres est non-née
Et pourtant on croit communément qu'ils existent ;
Mais autant les êtres que leurs représentations mentales
Sont de fausses croyances.

18. Ce n'est rien qu'un artifice de l'esprit
Cette naissance dans un devenir illusoire,
Dans un monde de bonnes et mauvaises actions
Avec une bonne ou une mauvaise renaissance future.

19. Quand la roue de l'esprit cesse de tourner
Tout arrive à sa fin.
Ainsi, rien n'est intrinsèquement substantiel
Et toutes choses sont complètement pures.

20. Ce grand océan du Samsara,
Plein de pensées trompeuses,
Peut être traversé sur la barque de l'Approche Universelle.
Qui peut atteindre l'autre rive sans elle ?


Vu sur le site Sangharimé.
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Greenman
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MessageSujet: Le bel arbre de la Conscience-sans-dualité - Saraha    19/10/2011, 1:27 am

Le bel arbre de la Conscience-sans-dualité - Saraha



Sans connaître le mystère, c'est en vain que les brahmanes récitent les quatre Veda. Les ascètes mendiants jaïna aux ongles longs, aux vêtements sales ou entièrement nus, s'arrachant les cheveux et dont la conduite parodie la voie, se lient eux-mêmes au moyen de leur doctrine de la délivrance... Privés de la Réalité, ils ne font que tourmenter leur corps !

Celui qui, délaissant le Spontané, se consacre au nirvâna en aucune manière n'accédera au Sens ultime. Comment en s'attachant à quelque chose peut-on obtenir la délivrance ? A quoi bon les austérités, à quoi bon les pèlerinages ? Peut-on atteindre la délivrance en se plongeant dans l'eau ?

Laisse-là tout attachement, renonce aux contraires illusoires. Il n'y a rien d'autre que la parfaite connaissance de "Cela". Quand la Conscience s'éveille, tout est Cela.

Là où l'on vit, là où l'on disparaît, c'est là, mon fils, qu'il te faut demeurer !

Si l'on n'est pas délivré tout en prenant intensément plaisir au monde sensible, peut-on appeler cela Connaissance parfaite ? Ce par quoi l'on naît, vit et meurt, par cela même on acquiert la suprême, l'ultime Béatitude.

Mangez et buvez, soyez heureux en jouissant des plaisirs, et remplissez sans cesse de ces offrandes le cercle tantrique. C'est ainsi que l'on gagne l'autre monde.

Jouir du monde sensible, sans être pollué par le sensible, cueillir le lotus sans toucher l'eau, ainsi fait le yogin qui repose à la racine des choses : tout en jouissant du sensible, il ne s'en rend pas esclave.

Regardez, écoutez, touchez, mangez, sentez, marchez, restez assis, levez-vous, mais renoncez au bavardage de la vie courante. Abandonnez la pensée, ne vous écartez pas de l'Un.

Là où ni pensée ni souffle ne circulent, là où ni soleil ni lune ne pénètrent, là même, mets ta conscience en repos. Fais un, ne fais pas deux. Dans la Connaissance ne fais pas de distinction... Dans la Béatitude suprême, ni soi ni autre !

Tout ce que l'on voit, devant, derrière, dans les dix directions, c'est la Réalité. Là où vole en éclats le sentiment du moi, ami, voici le corps du Spontané. Là où la pensée meurt... là réside la suprême et grande Béatitude. C'est la prise de conscience intime. Connais ta propre pensée d'une façon subtile, ô yogin, elle est comme l'eau se mêlant à l'eau.

Tout ce qui naît de la conscience a même nature qu'elle : les vagues sont-elles autres que l'eau ? Celui qui rend sa pensée sans pensée se réjouit de la suprême nature du Spontané.

Perçois la conscience comme Conscience, ô ignorant, et abandonne toutes les vues erronées. Purifie-toi dans la suprême et grande Béatitude ; c'est d'elle que dépend la véritable action.

Laisse là complètement la pensée et la non-pensée et sois comme un enfant.

Ô toi, fils, reconnais la saveur de ce nectar si parfaitement inhérent au non-savoir. Ô fils, la Réalité a une saveur merveilleuse, on ne peut exprimer sa nature. Tel est, libre d'imagination, l'éminent séjour de la Béatitude dont le monde jaillit.

De la seule conscience sort la graine universelle et aussi, frémissants, devenir et nirvâna...Voici le fleuve divin, la Jamunâ, voilà le Gange à l'appel de l'océan, voilà Prayâga et Bénarès, voilà la lune et le soleil !

"C'est moi, c'est un autre", conçoit-on. Dépouille ce lien qui rend captif ; c'est ainsi qu'on se libère soi-même. Ne te trompe pas sur toi-même et autrui. Tout sans distinction est le Bouddha.

La conscience liée, on est lié ; la conscience libérée, on est libéré. Pas le moindre doute à ce sujet. Cela même qui lie les ignorants libère immédiatement les éveillés. Lié, on court dans les dix directions ; libre, on reste immobile. Ami, regarde le chameau. Ce paradoxe me frappe par son évidence.

La pensée aussi instable que le vent et le cheval, abandonnez-la. Prenez conscience de la nature propre du Spontané et d'elle-même la pensée s'immobilisera.

Au cours de mes pérégrinations j'ai visité des sanctuaires et mains autres lieux de pèlerinage sacrés, mais je n'ai pas vu de gué aussi plein de béatitude que mon corps.

L'enseignement du maître est nectar d'immortalité. qui n'en boit pas très vite meurt de soif dans les steppes désertiques des innombrables traités.

Que la parole du maître pénètre le cœur et le disciple voit le trésor comme dans sa propre main.

Le Dieu est unique, mais il est révélé en de nombreuses traditions, étant perçu selon le désir de chacun. On ne le voit pas venir, on ne sait pas s'il vient ou s'il demeure. On reconnaît le suprême Seigneur comme sans tache et sans houle !

Il est à la maison et elle sort à sa recherche ; elle est avec son époux et elle s'enquiert de lui auprès des voisins ! Insensé, connais le Soi, Il n'est objet ni de méditation ni de concentration ni de récitation.

Le monde entier est tourmenté par les paroles et personne n'échappe aux paroles. Ce n'est que libre de paroles qu'on fait tourbillonner les paroles. J'ai récité "que le succès soit !", mais j'ai bu l'eau de vie et j'ai tout oublié. Il n'y qu'une parole que je connaisse et son nom, ami, je l'ignore !

Quiconque délaissant la compassion s'attache à la Vacuité n'a pas trouvé la meilleure des voies. Qui s'adonne uniquement à la Compassion ne se libère pas du cycle des existences. Mais celui qui peut unir les deux ne distingue pas le devenir du nirvâna.

Tel le devenir, tel le nirvâna; n'imaginez aucune distinction.

Ne reste pas chez toi, ne va pas dans la forêt, connais parfaitement la pensée où que tu sois. Pour qui réside dans l'illumination indivise et ininterrompue, où est le devenir, où est le nirvâna ? Ni chez toi, ni dans la forêt l'illumination ne réside. Prenez parfaite connaissance de ce mystère. Soyez non-mutilés dans la nature essentielle de la Conscience immaculée ! Profonde, immense, ni soi ni autrui, connais cette Expérience intime dans la félicité du Spontané. De même que la lune, joyau du ciel, éclaire d'épaisses ténèbres en un seul instant, la suprême et grande Béatitude dissipe toute calamité.

Le bel arbre de la Conscience-sans-dualité s'étend avec ampleur sur le triple monde. Il fleurit en compassion, son fruit se nomme charité envers autrui.

Extraits du Chant de Saraha, Le Bouddhisme (Fayard - 1977)



sunny
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Greenman
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MessageSujet: Seng-Ts'an (Sozan, maître Tch’an)   19/10/2011, 10:35 am

Seng-Ts'an (Sozan, maître Tch’an)


La parfaite Voie ne connaît nulle difficulté
Sinon qu’elle se refuse à tout attachement.
Ce n’est qu’une fois libérée de la haine et de l’amour
Qu’elle se révèle pleinement et sans masque.

Une différence d’un dixième de pouce d'avec elle
Et le ciel et la terre se trouvent séparés.
Si vous voulez voir la parfaite Voie manifestée,
Ne concevez aucune pensée ni pour ni contre quoi que ce soit.
Opposer ce que vous aimez à ce que vous n’aimez pas
Voilà la maladie de l’esprit.

Obéissez à la nature des choses
Et vous êtes en accord avec la Voie,
Calme, détendu, exempt de tout ennui.

Mais quand vos pensées sont liées,
Vous vous détournez de la Vérité;
Elles deviennent plus lourdes,
Plus sombres et cessent d’être saines.
Et lorsqu’elles ne sont pas saines, l’âme est troublée.

Quel avantage y a-t-il à avoir l’esprit partial et préconçu ?
Si vous désirez parcourir le chemin du Grand Véhicule,
N’ayez aucun préjugé contre les six objets des sens.
Lorsque vous n’aurez plus de préjugés
Contre les six objets des sens,
Vous vous identifierez à votre tour avec l’illumination.

Les sages sont non-agissants,
Alors que les ignorants s’enchaînent eux-mêmes.
Tandis que dans le Dharma lui-même
Il n’y a nulle individualisation (ou ego).

Ils s’attachent par ignorance aux objets particuliers,
Car ce sont leurs propres esprits qui créent les illusions.
N’est-ce pas là la plus grande des contradictions ?

L’ignorance suscite le dualisme du repos et du non-repos,
Ainsi, ceux qui sont illuminés n’ont ni attachement ni répulsion.
Toutes les formes du dualisme,
C’est l’esprit lui-même qui les invente par ignorance.
Elles sont comme des visions et des fleurs dans les airs.

Pourquoi nous mettrions-nous dans le trouble
En essayant de les saisir ?
Gain et perte, justice et injustice,
Qu’ils disparaissent une fois pour toutes !

Si un oeil ne tombe jamais endormi
Tous les rêves cesseront d’eux-mêmes:
Si l’esprit conserve son unité.
Les dix milles choses sont d’une seule et même essence.

Lorsque le profond mystère de cette essence est sondé
D’un seul coup, nous oublions les complications extérieures.
Lorsque les dix mille choses
Sont envisagées dans leur unité,
Nous retournons à l’origine de ce que nous sommes.

L’ultime but des choses,
Là où elles ne peuvent pas aller plus loin,
N’est pas limité par les règles et les mesures.
L’esprit en harmonie avec la Voie
Est le principe d’identité.
Dans un état de quiétude.

Les irrésolutions sont complètement chassées
Et la juste confiance est restaurée dans sa droiture originelle.
Rien n’est retenu maintenant,
Il n’est plus rien dont on doive se souvenir,
Tout est vide, limpide
Et porte en soi un principe d’illumination.

Il n’y a pas de tâche, pas d’effort,
Ni de gaspillage d’énergie.
Voici où la pensée ne parvient jamais,
Voici où l’imagination ne parvient pas à évoluer.


Dans le plus haut royaume de l’Essence vraie,
Il n’y a ni autre ni soi.
Lorsqu’on réclame une identification directe,
Nous ne pouvons que dire " pas deux ".
Et n’étant pas deux, tout est le même
Et tout ce qui est s’y trouve compris,
Dans les dix quartiers de la terre.

Tous les sages entrent dans cette confiance absolue.
Cette confiance absolue est au-delà du temps et de l’espace
Un instant y est dix mille années,
Peu importe comment les choses sont conditionnées
Que ce ne soit pas " être " ou " ne pas être ",
Tout cela est manifeste partout devant vous.

L’infiniment petit est aussi vaste que peut être l’immensité
Lorsque les conditions extérieures sont oubliées,
L’infiniment grand est aussi petit
Que l’infiniment petit peut l’être.

Lorsque les limites objectives sont reléguées hors de la vue,
Ce qui est, est la même chose que ce qui n’est pas,
Ce qui n’est pas est la même chose que ce qui est.
Lorsque cet état de choses manque de se produire,
Ne vous attardez surtout pas.

Un en Tout - Tout en Un !
Si seulement cela est réalisé,
Ne vous tourmentez plus alors sur votre imperfection.
L’esprit confiant n’est pas divisé
Et indivisé est l’esprit confiant.

C’est là que les mots sont impuissants,
Car, cela n’est ni du passé, ni du futur ni du présent.
Ainsi, nous ne pouvons pas dire " pas deux "


Lorsque le sens profond (de la Voie) n’est pas compris
La paix de l’esprit est troublée et rien n’est gagné.
La Voie est parfaite comme le vaste espace,
Rien n’y manque, rien n’y est superflu.

C’est parce que l’on fait un choix
Que sa vérité absolue se trouve perdue de vue.
Ne poursuivez pas les complications extérieures,
Ne vous attardez pas dans le vide intérieur.

Lorsque l'esprit reste serein dans l'unité des choses
Le dualisme s’évanouit de lui-même.
Et quand l’unité des choses
N’est pas comprise jusqu’au fond,
De deux façons la perte est supposée.

Le déni de la Réalité peut conduire à son absolue négation,
Alors que le fait de soutenir le Vide
Peut résulter en une contradiction avec soi-même.

Phraséologie, jeux de l’intellect, plus nous nous y adonnons
Et plus loin nous nous égarons.
Eloignons nous donc de la phraséologie
Et des jeux de l’intellect.

Il n’est nulle place où
Nous ne puissions librement passer ;
Lorsque nous remontons à la racine
Nous obtenons le sens.
Lorsque nous poursuivons les objets extérieurs
Nous perdons la raison.

Au moment où nous sommes illuminés en nous-mêmes
Nous dépassons le vide du monde qui s’oppose à nous.
Les transformations qui se déroulent dans le monde vide
Qui se trouve devant nous semblent toutes réelles
A cause de l’ignorance.

N’essayez pas de chercher la Vérité,
Cessez simplement de vous attacher à des opinions.
Ne vous attardez pas dans le dualisme,
Evitez avec soin de le poursuivre.
Aussitôt que vous pensez en bien et en mal
La confusion s’ensuit et l’esprit est perdu.

Dans l’unité du vide, les deux sont un
Et chacun des deux contient en soi
Toutes les dix mille choses.
Lorsque nulle discrimination n’est faite entre ceci et cela,
Comment une vision partiale et préconçue peut-elle surgir ?

La grande Voie est calme et large d’esprit,
Rien n’est facile, rien n’est dur.
Les petites opinions sont irrésolues,
Plus elles sont hâtivement adoptées
Et plus tard elles disparaissent.

L’attachement passionnel ne reste
Jamais dans de justes limites,
Il est sûr de se lancer dans la fausse voie.
Lâchez prise, laissez les choses comme elles sont
Leur essence ne part et ne subsiste pas.

sunny


Dernière édition par Greenman le 19/10/2011, 5:09 pm, édité 2 fois
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Greenman
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MessageSujet: Chants de Milarépa   19/10/2011, 11:51 am

Chants de Milarépa


Milarépa, donnant un enseignement à une de ses disciples, lui dit dans un chant:

Médite la nature non née de l’esprit :
Comme l’espace sans centre ni périphérie ;
Comme soleil et lune, lumineux et clair ;
Comme la montagne, immuable et imperturbable,
Comme l’océan, profond et insondable.
Cette femme pratiqua pendant un certain temps, après quoi elle revint voir Milarépa et lui chanta :

Je suis heureuse de méditer comme l’espace,
mais déconcertée par les nuages et la brume qui y apparaissent ;
Je suis heureuse de méditer comme soleil et lune,
mais déconcertée par les étoiles et planètes qui s’élèvent avec eux ;
Je suis heureuse de méditer comme l’océan,
mais déconcertée par les vagues et les remous qui s’y forment,
Je suis heureuse de méditer comme la montagne,
mais déconcertée par les plantes et les fleurs qui poussent,
Je suis heureuse de méditer la nature non née de l’esprit,
mais déconcertée par les pensés et l’imagination qui en émergent ;
Maître, veuillez m’instruire sur celles-ci.
Milarépa vit qu’elle avait eu une bonne expérience de méditation et lui répondit par un autre chant :

Dans la méditation comme l’espace,
nuages et brumes sont ses agréments ;
reste en leur étendue sans centre ni périphérie.
Dans la méditation comme le soleil et la lune,
étoiles et planètes sont ses ornements ;
reste en leur espace lumineux et clair.
Dans la méditation comme une montagne
plantes et fleurs sont ses parures ;
reste en leur sphère immuable et imperturbable.
Dans la méditation comme l’océan,
vagues et remous sont ses mouvements ;
reste en leur sphère profonde et insondable.
Dans la méditation de la nature non née de l’esprit,
pensées et imagination sont ses manifestations ;
reste en leur immensité vaste et lucide.

Extrait cité dans «La voie du Boudha » de Kalou Rinpoché (Éditions du Seuil)

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Qui peut veiller sur son mental sans distraction

N'a nul besoin d'entendre ou de dire des mots ;

Ni de rester assis, figé comme un cadavre,

Celui qui peut s'absorber en concentration.

Si l'on connaît, de toutes les formes, la nature,

Les huits terrestres appétits s'en vont d'eux-même ;

Et quel besoin de paraître ou de se venter

Si l'on a, dans son coeur, ni haine ni désir ?

Le grand éveil de la conscience Bodhi

Qui laisse loin et samsara et nirvana,

Ne s'accomplit jamais par recherche ou envie.

in Méditation et action - Chögyam Trungpa (Éditions du Seuil)

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Dans la méditation de mahamudra, je demeure :
Sans effort, en le mode d'etre fondamental,
Détendu, dans l'état sans distraction,
Lucide, en la vacuité,
Connaissant, dans la spère de félicité,
Lumineux, en l'état de non pensée,
Equanime, en toute situations.

En l'esprit-meme qui demeure ainsi,
En ses multiples aspects, une compréhension illimitée s'élève ;
Et, en sa luminosité, s'accomplit sans effort l'activité éveillée.
Quel bonheur que ce fruit qui n'est pas resté simple souhait !
Quel plaisir que cet abandon des espoirs et des craintes dualistes!
Quelle joie les illusions apparaissant comme connaissance primordiale !



sunny
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Greenman
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MessageSujet: Le soutra de l'estrade du don de la loi   19/10/2011, 5:14 pm

Le soutra de l'estrade du don de la loi

Hui Neng



« Chercher la Voie, c'est ne pas la voir ! »
(Extrait du Soutra de l'estrade du don de la loi)


Hui Neng (683-713) est le sixième patriarche du bouddhisme Chan (Zen en japonais), le fondateur de l'école du Sud de l'Illumination subite. Dans ce texte, de son estrade, il enseigne à son auditoire que toute souffrance vient de l'attachement que l'homme porte à son moi puis au monde, un dualisme qui pourtant « n'est pas ». Il fait signe vers la compréhension subite de la vacuité totale de notre nature. « Voir la nature et être immédiatement Bouddha » est au cœur de la leçon de Hui Neng.


Le soutra de l'estrade du don de la loi
(Extrait)


Le grand maître dit :

« Gens de bonne connaissance,
Pratiquer chez soi est possible ! Il n'est pas nécessaire d'être dans un monastère. Être dans un monastère et ne pas pratiquer, c'est être comme des gens de l'Ouest [les gens de l’Inde] qui auraient l'esprit mauvais, alors que, si vous pratiquez chez vous, vous êtes comme des gens de l'Est qui pratiqueraient à la perfection. Avoir la volonté de pratiquer le pur vide à la maison, c'est être déjà dans les Terres pures de l'Ouest. »

Le préfet demanda :
« Vénérable, j'aimerais que vous nous indiquiez les points essentiels de la pratique chez soi. »

Le grand maître dit :

« Gens de bonne connaissance,
Hui Neng a composé une stance incomparable destinée tant aux moines qu'aux laïcs. Sachez-la tous entièrement par cœur, mettez-la en pratique, et nous serons toujours ensemble.

Voici la stance :

Pénétrer la Doctrine jusqu'à en pénétrer l'esprit est semblable au rayonnement du soleil dans l'immensité vide de l'espace. Ne réfléchir qu'à ce que transmet la Doctrine de l'École subite assure la sortie du monde par la destruction des fausses doctrines.

L'enseignement n'est ni subit ni graduel. Illusion ou intelligence claire dépendent de la lenteur ou de la vivacité de l'esprit. L'étude de la Doctrine de l'École subite ne peut être menée à bien par les sots.

L'enseignement requiert des milliers de moyens, mais toutes leurs divergences convergent vers l'unité. Dans l'antre de vos obscures et secrètes passions, d'un ordinaire instant naîtra le soleil de la bonté.

Les vues fausses sont causes de passions et de souillures que la vue juste fait disparaître. Mais comprendre vraiment que faux et juste sont des notions inutiles, c'est atteindre le pur vide sans reste.

La Bodhi est fondamentalement pur vide. Tout ce qui s'élève dans l'esprit est chimère. La vide nature est au centre de ces chimères. Seule la droiture chasse les trois obstacles.

Il n'y a absolument aucun empêchement à pratiquer la Voie en restant dans le monde : voir constamment ses propres manquements est être en accord avec la Voie.

Chaque genre d'être a sa propre Voie. Adhérez à la Voie, ne la cherchez pas. Chercher la Voie, c'est ne pas la voir ! Croire avoir atteint le sommet, c'est retomber dans les passions ! Si vous voulez voir la Voie réelle, pratiquez le Juste Sentier, c'est la Voie. Si vous n'avez pas l'esprit droit, vous avancerez dans les ténèbres sans la voir.

Si vous pratiquez vraiment la Voie, vous ne verrez pas de faute en ce monde. Voir des sujets de critique en ce monde témoigne que l'on est soi-même critiquable !

Des critiques des autres, c'est le moi qui est responsable. De ces critiques, émises par le moi, on est naturellement coupable. Ce n'est que par la suppression de tout esprit de critique que seront totalement détruits les souillures, les passions, et les vains bavardages.

Si l'on veut réformer les sots, il faut s'en donner les moyens et faire en sorte qu'ils n'aient plus de doute : ainsi apparaîtra la Bodhi !

La raison d'être du Dharma est de ce monde, et c'est dans ce monde qu'est la sortie du monde. Ne quittez pas le monde pour en chercher la sortie à l'extérieur !

Les vues fausses sont de ce monde, la vue juste en est la sortie, mais sachez bien que vues fausses ou vues justes doivent toutes deux disparaître.

Cela, seul, est l'enseignement de l'École subite, aussi nommée Grand Véhicule. L'illusion dure d'innombrables kalpas (éons), l'intelligence claire survient en un kshana (instant).



Texte tiré du livre "Le Soutra de l'estrade du don de la loi", Hui Neng, traduit et commenté par Françoise Morel, Éditions La Table Ronde.
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MessageSujet: Re: La Non-Dualité ou Vacuité   

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